vendredi 30 mai 2008

Presse gratuite vs presse payante : le match

La presse nationale ne cesse de perdre des lecteurs, le constat n'est pas nouveau ; les gratuits vont toujours mieux, c'est désolant. Mais comment donc font-ils ?

C'est devenu une vision habituelle, un peu glacante. Métro parisien aux heures de pointe, des dizaines de passagers la tête enfoncée dans Métro ou 20 Minutes. Pour certains, on leur a fourgué dans les mains à l'entrée du métro, d'autres se sont même déplacés vers la pile entassée dans la station. Les gens feuillettent ces journaux bricolés à 90% avec des dépêches d'agence. Tous les matins, 266 millions d'exemplaires de journaux gratuits sont distribués en France chaque jour. Soit près de 15% de la circulation gloabale des quotidiens. 20 Minutes vient de doubler l'Equipe et est désormais le quotidien le plus lu en france. Et la santé financière de ces gratuits ? Merci, elle va excellemment bien.

Efficace et pas cher

Depuis 1995, avec l'arrivée du suédois Métro, la presse gratuite a chamboulé le marché français. De nouvelles approches du marché, une vraie révolution. Comme ils le rappellent, les gratuits sont là pour susciter l'intérêt ; après c 'est aux autres de prendre le relais pour approfondir l'information. Une approche totalement différente de celle des journaux payants. Plus pragmatique, c'est sûr, mais très efficace.

Les grands principes du marketing

1- « Marketing produit » : une info rapide et digeste
  • Disponiblité : Les gratuits proposent une lecture synthétique : des infos brèves, sans commentaires. Ces journaux se veulent à l'écoute de leurs lecteurs, très réactifs. Leur coeur de cible est les 15-35 ans, des individus oubliés de la presse payante.
2 - "Marketing distribution" : mise en diposition avec les modes de vie et affinités.
  • Accessiblité maximum : Il faut aller vers le lecteur au lieu d'attendre qu'il vienne dans les kiosques. Donc en lui distribuant directement le journal dans les mains. Les lieux et moments stratégiques sont très étudiés et ciblés : où placer colporteurs et présentatoirs... Certains journaux utilisent le « géomarketing ou le chronomarketing ».
  • Proximité : La presse gratuite veut « se mettre au niveau des gens » : les gratuits traitent l'information en fonction d'une cible précise, contrairement aux payants. Ils répondent aux attentes des lecteurs par des sujets les concernant, des maquettes dynamiques et colorées.

3- "Marketing prix" : low cost poussé à l'extrême

  • L'habitude du gratuit : 20 Minutes ou Métro sont accessible via Internet, qui contribue à cette force des gratuits. Avec Internet, les individus s'habituent à un service gratuit. Cela renforce l'idée qu'il n'est pas toujours nécessaire de payer pour accéder à l'information.

  • Pactole 100% : Les annonceurs affluent en masse, car cette presse touche tout le monde, et surtout plus de jeunes que la presse payante. Ils sont sûrs de vendre leurs marques.
4 - Points faibles

Il y en a beaucoup. Mais contentons nous du minimum - pourtant bien essentiel. Les gratuits n'ont pas la même notoriété que les payants. Et ont encore (beaucoup) d'efforts à faire pour améliorer sa légitimité et sa crédibilité.

5 - Bilan

Sur la rapidité, l'adapation, la distribution et la proximité, avantage à la presse gratuite. Mais la presse gratuite rend compte d'une inforamtion sa,ns valeur, car disponible par tous. Valeur ajoutrée, zéro pour cent.
Les gratuits donnent peut-être quelques sueurs froides aux journaux payants. Mais un média ne se maintient en vie qu'à condition d'offrir au lecteur (et non au consommateur) ce que ses concurrents ne peuvent produire. A ce titre, les presse gratuite ne joue pas dans la même catégorie.

A lire dans le dossier

Micro-trottoir : des lecteurs pas si dupes

Les gratuits : quelle qualité de l'information ?

La fausse gratuité

Quelques sites à consulter

La presse gratuite sur le site de l'OJD

Un dossier sur la presse d'information gratuite

La presse gratuite sur Wikipedia

Menaces sur la distribution de la presse, dans le Monde diplomatique

Presse gratuite, presse payante, on refait le match !, sur Marianne 2

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