Hollywood, l'empire du rêve en boîte a le dos au mur. Et un ennemi qui peut lui être fatal : Internet. C'est ce que relate la journaliste du Nouvel Observateur Dominique Nora, dans un article intitulé « Menaces sur l'empire du rêve ». Selon la journaliste, l'institut Nielsen Media research pointait en octobre dernier le fait qu'un internaute américain sur 4 avait regardé un programme audiovisuel en entier sur le web au cours des trois mois précédents.Et oui, l'industrie des loisirs mondialisés est menacé par internet et sa contre-culture libertaire, ses désirs fragmentés. Séries télé et films sont diffusés sur le web par une horde croissante de sites pirates, et de nouveaux concurrents légitimes apparaissent sur la toile. Bref, l'empire prend l'eau de toutes parts.
Peur de se cannibaliser
L'ennemi n'avancait pourtant pas masqué ; mais pendant longtemps, les studios ont rechigné à passer au numérique, de peur de « se cannibaliser eux-mêmes ».
Mais l'avantage du net se dessine très nettement. Tandis que les studios sont bloqués par la production, le marketing et la distribution qui grèvent les coûts de production, le monde numérique n'a pas ces contraintes : il permet une distribution mondiale à un prix modique ; le marketing repose sur du bouche-à-oreille, et même les coûts de production baissent sur le web ; débarassé de l'obligation de plaire à tous, les programmes internet ont le potentiel d'être infiniment plus variés, chacun s'adressant à une poignée de spectateurs disséminés sur la planète.
Métamorphoses
Un seul point noir : dans cet univers gratuit, la publicité va-t-elle arriver pour financer des productions de qualité ? Le clic «clic par mille» sur le web se vend encore très bon marché (20 à 30 dollars, en moyenne).
A priori, le Net ne va pas détruire les majors, juge Dominique Nora. L'usine à rêve sera toujours nécessaire, de même que Julia Roberts ou Georges Clooney. Mais quelques studios commencent à passer à l'ennemi : Michael Eisner, ex-boss de Disney, s'est réinventé en «webmogul» avec sa start-up Vuguru.com. Et les grands agents, eux-mêmes, montent au front numérique. NBC entertainement, qui serait très doué pour « nourrir les écrans, quels qu'ils soient », comme l'argumente son patron Ben Silverman diffuse gratuitement sur NBC.com les derniers épisodes de séries.
Rien ne disparait, tout se transforme. Encore faut il que cela soit à temps.
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