mercredi 28 mai 2008

Recrutement des prof : il faudra avoir bac + 5

La réforme du métier d'enseignant envisagée pour la rentrée 2010 par le ministère de l'éducation se dessine progressivement, comme l'a rappelé Nicolas Sarkozy mardi 27 mai sur RTL. Plusieurs mesures sont annoncées : les enseignants seront recrutés à un niveau universitaire plus élevé, ils entreront directement dans le métier ; l'actuelle deuxième année de formation professionnelle initiale serait remplacée par un "compagnonnage" intensif en début de carrière. Dans le même temps, le rôle des nstituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) serait considérablement réduit, même s'ils ont déjà été absorbés par les université en 2007.

"Masterisation"

Le président de la République a réaffirmé sa confiance en Xavier Darcos pour mettre en place la "mastérisation" des enseignants. « Masterisation », signifiant que le recrutement des enseignants du premier comme du second degré s'effectuerait au niveau bac + 5 ; niveau qui équivaut à celui du master2 en France et du master tout court en Europe.
Une réforme nécessaire, selon Nicolas Sarkozy, à la "revalorisation" du métier d'enseignant. Il a assuré que le fait de les embaucher au niveau master permettra "de les payer plus cher en début de carrière".

Les concours ne disparaissent pas...

Actuellement, il suffit d'être titulaire d'une licence pour s'inscrire à un concours d'enseignement ; mais de plus en plus de candidats sont déjà à bac +4 ou au-dessus. Dans le schéma envisagé, les candidats pourraient se présenter aux concours pendant leur année de master, mais ne seraient recrutés qu'à la condition d'avoir obtenu ce diplôme. Les universités pourraient intégrer à leurs masters disciplinaires des modules de préparation à l'enseignement et créer des masters spécifiques. Ceux-ci ne remplaceraient pas les concours d'enseignement que sont le Capes, l'agrégation pour le second degré et le concours de professeur des écoles pour le premier degré. Pas question de supprimer ces concours pour autant. Les rumeurs qui annonçaient leur disparition ont été démenties par le ministère et les syndicats ; mais il pourraient évoluer dans leur contenu.

...Mais la professionalisation oui

Le candidat reçu à un concours serait directement affecté à un poste. Pour l'instant, il est amené, après une première année d'IUFM consacrée à la préparation du concours, à suivre une seconde année de formation en qualité de fonctionnaire stagiaire. Il est donc rémunéré par l'Etat. Cette deuxième année d'IUFM qui est celle de la "professionnalisation", disparaîtrait. L'étudiant reçu au concours deviendrait enseignant. Une seule réserve, celle d'une titularisation définitive au bout d'un an.

Remplacé par du compagnonnage

En revanche une partie de l'horaire de l'étudiant serait accompagnée par des tuteurs, enseignants aguerris. La durée de cette partie, qui se fait sur le principe du compagnonnage reste à déterminer.
Cette réforme permet des économies, notamment sur les salaires des stagiaires. Mais en raison de son aspect revalorisant, cette réforme n'est pas de nature à irriter les syndicats d'enseignants. Et sur le plan symbolique, la réforme est vue comme un cadeau aux opposants au système des IUFM ; depuis des années, ceux-ci sont considérés comme des "goulags du savoir" et des "temples du pédagogisme".

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